Le Résilience Tour 2026 n’aura pas lieu. Organisé par l’Institut des risques majeurs (IRMa) de Grenoble, ce dernier a été contraint d’annuler son édition 2026, qui devait débuter ce 1er octobre, après avoir été informé tardivement et en plein été cataclysmique de la non-attribution de la subvention sollicitée auprès du ministère de la Transition écologique. La ministre n’a pas répondu à nos sollicitations.
« Ce n’est pas prioritaire de dépenser de l’argent public sur ce genre de manifestation », regrette Serge Taboulot, président de l’Institut des risques majeurs (IRMa) de Grenoble. C’est la seule explication que l’ancien ingénieur météorologue de Météo France et responsable du centre météorologique des Alpes du Nord trouve à la décision, le 18 août 2026, de la non-attribution de la subvention sollicitée auprès du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, pour l’organisation de cette édition 2026 du Résilience Tour. Sans plus d’explications.
Les années précédentes, l’IRMa était toujours confiant sur l’issue qui serait donnée à sa demande de subvention, et anticipait donc tout au long de l’année l’organisation de sa future édition, sans garantie financière du Ministère. Mais le vent a semble-t-il tourné cette année. « Ce n’est pas très bien venu au moment où les risques se multiplient. Le refus de toute subvention sans aucune forme d’explication est incompréhensible », déplore Serge Taboulot.
Comme tous les ans, l’IRMa sollicitait une subvention, 200 000 € cette année, pour organiser son Résilience Tour, dans le cadre de la Journée nationale de la résilience (JNR). Un Résilience Tour qui, entre 2022 et 2025, s’est déployé à travers 57 étapes en France métropolitaine et ultramarine pour réaliser 440 actions, permettant ainsi de sensibiliser plus de 30 000 participants aux risques majeurs et qui a mobilisé près de 800 acteurs locaux.
L’évènement a pour objectif de renforcer la résilience des territoires et la culture du risque face à des menaces technologiques mais aussi naturelles, comme les feux de forêt, les inondations, les mouvements de terrain et les tempêtes. Des sujets plus que jamais d’actualité ces dernières années.
Pour rappel, l’été 2026 a été l’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900. La pluviométrie a été très faible avec un déficit proche de 40 %, faisant de cet été le deuxième été le moins pluvieux depuis le début des mesures. Le nombre de jours en vague de chaleur est inédit avec 53 jours en trois épisodes au fil de la saison, loin devant l’été 2022 avec 33 jours, plaçant jusqu’à 72 départements en vigilance rouge canicule. De nombreux incendies d’ampleur inédite, aggravés par les conditions climatiques ont fait de 2026 l’année avec la surface brûlée la plus importante jamais enregistrée.
L’IRMa dit réfléchir à d’autres sources de financement pour ses prochaines éditions du Résilience Tour, notamment auprès des assureurs, « qui ont aussi dans leurs missions et leurs intérêts de faire de la prévention », analyse Serge Taboulot.
Sollicitée, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, n’a pas répondu à nos questions.

