Temps de lecture : 2 minutesLa préfecture de la Savoie a suspendu l’activité de l’abattoir de Saint-Etienne-de-Cuines après avoir reçu une vidéo de l’association L214, qui annonce déposer plainte pour actes de cruauté et mauvais traitements. L’abattoir, de son côté, déclare avoir « été filmé à son insu » et évoque « des incidents qui se produisent rarement ».
La préfecture de la Savoie a suspendu l’activité de l’abattoir de Saint-Etienne-de-Cuines après avoir reçu une vidéo de l’association L214 « réalisée dans des conditions inconnues à ce stade », d’après un communiqué de presse.
Mais au vu des éléments diffusés par L214, le préfet de la Savoie a quand même décidé la suspension de l’activité de l’abattoir. « Les constats de non-conformité qui apparaissent sur la vidéo vont faire l’objet d’une analyse approfondie par les services de la préfecture, en lien avec le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt. »
Une plainte pour « actes de cruauté et mauvais traitements »
L214 annonce porter plainte pour actes de cruauté et mauvais traitements commis par un professionnel auprès de la procureure de la République du tribunal judiciaire d’Albertville. L’association invite les éleveurs clients de l’abattoir à se porter partie civile.
Une enquête judiciaire étant en cours, « les services de l’État ne pourront apporter aucun commentaire sur les images qui seront diffusées par l’association », précise la préfecture de la Savoie.
L’association annonce également entamer un recours contre l’État pour manquement à sa mission de contrôle vétérinaire, et demande à la ministre de l’Agriculture un audit généralisé des abattoirs en France.
On fait le maximum pour être en adéquation avec le bien-être animal
Luc Etellin, éleveur de moutons à Aiton et président de la société de l’abattoir de Maurienne, a déclaré à France Bleu avoir « été filmé à notre insu » et tente de recontextualiser les vidéos : « Nous avons relevé des incidents, mais ils sont brefs. On travaille sous la surveillance des services vétérinaires, et quand on voit les animaux qui bougent après l’étourdissement et la saignée sur les vidéos, ce sont parfois des réflexes nerveux. Pour des gens qui n’ont jamais vu d’abattage, c’est un réflexe qui peut surprendre. […] On fait le maximum pour être en adéquation avec le bien-être animal, mais on travaille avec du vivant. Hélas, on voit des agneaux qui arrivent à l’envers dans le restrainer, mais ce sont des incidents qui se produisent rarement. C’est sûr que quand on monte les séquences bout à bout, on peut avoir l’impression qu’il y a beaucoup de mauvais traitements, mais ce n’est pas le cas. »
Selon Luc Etellin, aucun dysfonctionnement n’avait été relevé en décembre 2022 après la visite des vétérinaires nationaux de la force d’inspection nationale en abattoir.
