Sous le mât olympique, l’ambiance se voulait festive pour manifester contre la tenue des JO 2030 dans les Alpes. Le collectif d’associations NOJO a proposé différentes animations pour sensibiliser le grand public à la question. Au programme de ce « raffut du dahu » : des flash mob, une course de bobsleighs et de ski sur goudron aux abords de la hall olympique, ainsi que des ateliers participatifs et des quizz sur le prix de l’organisation de la compétition et ses conséquences sur l’environnement. Le cortège s’est ensuite dirigé vers la gare pour des prises de paroles d’élus et d’associations.


Un manque de concertation et de transparence selon les opposants
Parmi les personnalités politiques étaient notamment présents Fabienne Grébert et Jean-Pierre Béguin, conseillers régionaux (Les Écologistes) et membres de la commission d’information Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Pour Fabienne Grébert, « on a pas à investir de l’argent public sur des modèles économiques et des activités qui sont condamnés à terme. Ce dont nous avons besoin, c’est d’investir de l’argent public pour permettre de vivre à la montagne toute l’année et de préparer l’avenir dans ce contexte de dérèglement climatique. »
C’est le principe de la mutualisation des pertes et de la privatisation des profits
Selon l’élu, les bénéfices pour la collectivités des JO de 1992 ne seront pas de même nature en 2030 : « 92 était des Jeux fait dans une logique d’aménagement du territoire : on a amené le TGV jusqu’à Bourg-Saint-Maurice, rénové des hôpitaux, des réseaux d’eau, etc. Aujourd’hui, il n’y a rien de tout ça. […] Ce n’est même pas dans une logique de Jeux pour les gens. Mais de Jeux pour les Jeux, les droits télé et les recettes du CIO. […] Les territoires eux, vont payer. C’est le principe de la mutualisation des pertes et de la privatisation des profits ».

Pour Jean-Pierre Béguin, les organisateurs des JO 2030 dans les Alpes « jouent sur du velour. Il y a une part d’affect par rapport aux JO de 92. Les gens ont encore des pépites dans les yeux. Mais est-ce que 1992 c’est 2024 ? Bien sûr que non. Parlez aux Albertvillois, ce que ça leur a coûté les JO, le nombre de faillites d’entreprises. Faites le bilan. Ce n’était pas aussi rose que ça. Dire à des gens que ce n’est plus possible, c’est cruel. Mais est-ce que ce n’est pas plus cruel de leur faire croire que c’est encore possible ».


Un sujet qui peine encore à mobiliser
Malgré une ambiance festive et détendue, la manifestation, qui se tenait durant le weekend de Pentecôte et qui aurait mobilisé 150 personnes selon les organisateurs, a eu du mal à fédérer. Dans les rangs du cortège, Elouan est venu avec sa fille Lila. D’après lui, « ça concerne aussi nos enfants. C’est le monde qu’on va leur léguer, tout simplement. C’est important qu’on leur explique ce que les JO ont à la fois de positif et de négatif. » Lila, quant à elle, « aime bien les Jeux Olympiques, mais ça pollue un petit peu donc j’ai pas très envie d’abîmer encore plus la planète, parce qu’elle est déjà assez abîmée comme ça. »


