Temps de lecture : 3 minutesÀ la Plagne, le 24 juillet, environ 200 personnes s’étaient réunies pour regarder, sur un écran géant installé spécialement pour l’occasion, le CIO voter en direct depuis Paris en faveur de l’unique candidature à l’organisation des JO d’hiver 2030, celle des Alpes françaises. Mais l’assemblée était majoritairement composée de personnes venues gonfler les rangs du soutien à la candidature française, alors que le CIO a émis des réserves à l’attribution des JO d’hiver 2030 à la France dans un contexte politique incertain.
À 48 heures des JO 2024 à Paris, le timing était parfait. Lors de la 142e session du Comité international olympique (CIO) qui s’est tenue à Paris dans la matinée, le CIO a voté sans surprise en faveur de la candidature des Alpes françaises à l’organisation des JO d’hiver 2030.

Pour célébrer ce moment, environ 200 personnes se sont réunies dans la matinée place Albert Perrière à La Plagne centre. Quelques touristes, mais principalement des élus et salariés des collectivités, des stations, et surtout des dizaines de jeunes des clubs de sports de la région, amenés sur place spécialement pour l’occasion. Leur mission : faire du bruit et agiter des drapeaux, au gré des consignes du speaker pour réaliser photos, vidéos et prises de vue par drone au moment de l’annonce de l’attribution des JO d’hiver 2030 à la France. Une mise en ambiance nécessaire à quelques secondes du résultat, après des déclarations douces-amères des représentants du CIO qui ont un peu refroidi le public jusqu’au verdict. En effet, la « fête » fut un peu gâchée par une attribution « sous conditions » des Jeux, comprenez sous réserve que le prochain gouvernement signe les garanties de l’État.

Après le verdict, Séverine Vibert, conseillère régionale (LR-DVD-SCA) à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a évoqué le » bonheur de tout un territoire, de tous les acteurs de la montagne et de tous ceux qui se sont engagés dans cette candidature des Alpes françaises ». Sur un futur gouvernement qu’il faudra convaincre pour signer les garanties de l’État, l’élue affirme que « ce n’est pas [leur] rôle à la Région Auvergne-Rhône-Alpes » avant de rajouter que « tous les acteurs de la montagne et toutes les personnes engagées dans cette candidature des Alpes françaises sauront convaincre. Je dirai même que les arguments sont simples, et forcément l’État s’engagera auprès de cette candidature. J’en ai aucun doute et nous n’en avons aucun doute. » Interrogée sur le sort de Val d’Isère, pressentie pour accueillir les épreuves de slalom, mais non retenue dans le projet olympique, l’élue « comprend la déception » mais affirme « avoir fait le job », et « regrette » une décision finale qui appartient au CIO.
Il y a toujours des opposants, quoi qu’on fasse
Séverine Vibert
Concernant les oppositions à la tenue des JO 2030 dans les Alpes françaises, Séverine Vibert note qu’ « il y a toujours des opposants, quoi qu’on fasse. » Mais l’élue souhaite convaincre : « Forcément on fait des insatisfaits, mais nous on va leur prouver qu’on sait faire des Jeux responsables, sobres dans nos territoires tout en conservant évidemment nos infrastructures ».

Le groupe Les Écologistes du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a dénoncé dans un communiqué la « précipitation dans laquelle s’est prise cette décision », évoquant une candidature « pas sérieuse », « un budget en constante évolution » et « des conséquences financières et environnementales qui pourraient être lourdes pour l’État […] et les collectivités territoriales ».
Des garanties financières qui reposent sur du vide
Les Écologistes
Concernant les garanties de l’État, Les Écologistes de la Région rappellent que dans « un contexte politique inédit, nul n’a la capacité de fournir des garanties d’État », et « qu’aucune délibération financière n’a été votée par les conseils régionaux […] ce qui empêche de savoir quel montant l’État et ces Régions devront engager ».
En somme, Les Écologistes dénonce « des garanties financières espérées [qui] reposent sur du vide », et se réserve le droit de déposer un recours contre cette décision.
Combien pour rénover la piste de bobsleigh aux normes olympiques ?
Daniel-Jean Veniat, maire délégué à La Plagne-Tarentaise, représente aujourd’hui le maire Jean-Luc Boch, à Paris pour l’occasion. L’adjoint se dit « fier et heureux d’accueillir les épreuves de bob en 2030. D’autant plus fier que cette piste qui date de 1992 est toujours en exploitation. » Mais pour se conformer aux normes olympiques, des travaux de mise à niveau seront nécessaires, au-delà des travaux de rénovation. « On a déjà élaboré avec le CIO tout ce qu’il fallait faire comme aménagement au niveau de la piste », a déclaré l’adjoint.
Mais si selon Bruno Thomas, directeur général de la piste de bobsleigh de La Plagne, les travaux de rénovation de la piste « étaient déjà prévus en majeur partie », les travaux inhérents aux JO, eux, sont encore à chiffrer : « Il n’y a pas de budget actuellement qui soit défini. On a besoin d’arrêter le cahier des charges du CIO et des fédérations internationales […] et chiffrer les investissement à réaliser avec des bureaux d’étude, et avoir cette fameuse répartition qui va se faire entre tous les acteurs de l’organisation ».
