À Notre-Dame-de-Briançon l’eau s’en est allée, mais les inquiétudes stagnent

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Ici, sans voiture, je ne peux rien faire

Mais en novembre dernier, l’eau a inondé sa cave et s’est arrêtée au niveau du pas de sa porte d’entrée. 1 mètre 70 d’eau qui a noyé sa voiture : « Ici, sans voiture, je ne peux rien faire. Je dois aller faire les courses et aller au laboratoire », déplore celui qui se remet d’un cancer et d’une radiothérapie l’été dernier. Mais Gérard n’a jamais pensé à déménager de cette maison dans laquelle il a passé toute sa vie.

De l’autre côté du cours d’eau, l’ancienne boulangerie de Notre-Dame-de-Briançon est encore plus sinistrée. Catherine et Daniel Marquier, qui ont cessé leur activité en 2011, vivent tous deux ici. L’espace de vente a été réaménagé en cuisine. Si depuis la rue leur maison semble avoir été épargnée, malgré l’inondation de leur cave, il faut se rendre au bord de l’Isère, dans leur jardin, pour se rendre compte du travail colossal qu’il leur reste à faire. La balançoire est ensevelie sous le limon et les cailloux, qui sont venus s’accumuler contre le grillage. Et la double peine sera financière. Leur assurance ne couvre pas les dégâts dans le jardin, et ils devront assumer seuls le nettoyage et la rénovation de ce dernier. « Un devis estimé à 11 000 € », déplore Catherine. 

La journée nous faisions face, et la nuit nous nous réveillions en pleurant

« On nous dit que c’est la crue du siècle. Mais qu’est-ce qui nous dit que ça n’a pas fragilisé là-haut, et que ça ne va pas se renouveler. On a peur. […] Ce qui nous inquiète, c’est qu’on entend qu’avec le changement climatique ça va se produire de plus en plus. On veut bien rester là, mais est-ce qu’on fait le bon choix ? » s’inquiète le couple qui avoue à demi-mot avoir dû prendre des médicaments durant plusieurs semaines pour dormir. « La journée nous faisions face, et la nuit nous nous réveillions en pleurant »

La maison de Catherine et Daniel Marquier, en première ligne face à la crue de la Fougère. © Calvin Leclere / Spotlighted

Des travaux financés sur plusieurs années qui débuteront en avril

Dominique Colliard, maire de La Léchère, souhaite quant à lui tourner la page rapidement : « nous sommes pressés de rendre aux habitants un village sans les stigmates de ces événements particulièrement importants et douloureux ». Mais il faudra être patient pour cela, car même si l’état de catastrophe naturelle a été décrété, et que les habitants ont déjà pu se faire rembourser une partie de leurs préjudices, cela sera plus long pour la commune. « Les seules finances de la commune n’arriveront pas à injecter 1,6 million d’euros de travaux, en plus des coûts habituels. Il faudra financer cela sur trois ou quatre ans, en fonction de la dotation de solidarité de l’État. », précise Dominique Colliard. Concernant la restauration du ruisseau de la Fougère, prévue en avril, des travaux à hauteur de 120 000 € seront pris en charge par l’Assemblée du Pays Tarentaise Vanoise (APTV) et son service GEMAPI.


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