À Tignes, élus et scientifiques travaillent ensemble à la transition écologique

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« Le ski 365 jours par an » voilà un slogan que Tignes a abandonné depuis plusieurs années”, avoue volontiers Olivier Duch, premier adjoint en charge de la vie économique et de la transition du territoire à la mairie de Tignes. Un constat lucide partagé par la dizaine de scientifiques regroupés à Tignes, mercredi 28 février, autour des élus, et travaillant sur des problématiques liées au réchauffement climatique sur la station.

Le but de cette journée : réunir les scientifiques qui travaillent sur des problématiques en lien avec la station de Tignes depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, et qui n’avaient jamais eu l’occasion de se réunir pour présenter leurs travaux. Avec une question centrale : Comment les changements climatiques perturbent le cycle de l’eau en montagne ?

La réunion du matin a permis aux scientifiques d’exposer leurs travaux en détails. © Calvin Leclere / Spotlighted

Pour exposer une partie de leurs travaux, le groupe de scientifiques emprunte le funiculaire pour atteindre les 3000 mètres d’altitude et surplomber le glacier de la Grande Motte. Là-haut, le vent est glacial, le froid mordant et le glacier recouvert de neige. Mais malgré les apparences, le glacier recule d’année en année, et un lac s’est même formé en 2018 sous le Dôme de Pramecou.

Selon Jordan Ré, chargé de projet au sein du pôle Urbanisme et transition du territoire, « l’idée est de faire état de toute la recherche effectuée jusqu’à présent et d’envisager des programmes pluriannuels de recherche pour essayer de mieux comprendre comment notre territoire va réagir au changement climatique et comment s’adapter. Nous avons de gros questionnements sur l’évolution du ski dans les années à venir et sur l’évolution de la ressource en eau. Nous sommes convaincus que travailler avec des équipes universitaires est le bon moyen de comprendre comment les choses ont évolué et pouvoir mieux s’adapter ».

Élus et scientifiques se sont rendus sur le glacier de la Grande Motte pour exposer leurs travaux de recherches. © Calvin Leclere / Spotlighted

Politiquement, cette coopération avec les chercheurs est tout aussi importante pour Hubert Didierlaurent, troisième adjoint en charge de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du numérique : « Ces travaux scientifiques nous aident à soutenir des points de vue. Car c’est à nous de convaincre, en tant que politiques, la population et les clients ici. On bénéficie du crédit de la communauté scientifique. On ne peut pas nier ce qui repose sur des faits et une démarche scientifique. »

Élus et scientifiques se sont rendus sur le glacier de la Grande Motte pour exposer leurs travaux de recherches. © Calvin Leclere / Spotlighted
Élus et scientifiques se sont rendus sur le glacier de la Grande Motte pour exposer leurs travaux de recherches. © Calvin Leclere / Spotlighted

À l’avenir, cette coopération à Tignes entre décideurs politiques et scientifiques doit permettre de voir émerger un programme pluriannuel de recherche qui intègre les grandes orientations des élus. La mairie de Tignes souhaite d’ores et déjà renouveler l’expérience et ambitionne que ces rencontres deviennent ​​à terme un congrès de spécialistes de la question du changement climatique en stations de montagne.

À quoi ressemblera Tignes dans 25 ans ?

D’après Hubert Didierlaurent, troisième adjoint en charge de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du numérique, la station fait partie des bons élèves de la transition. « C’est important de ne pas attendre qu’on nous impose des choses, et prendre les devants », faisant référence au rapport de la Cour des comptes sur les stations de montagne face au changement climatique. Une place de bon élève favorisée tout de même par une station située à plus de 2000 mètres d’altitude.

Pour prendre les devants, la mairie de Tignes a lancé en juillet 2023 une concertation publique intitulée  « Imaginons Tignes 2050 », pour définir avec les différents acteurs de la station le futur du service public des remontées mécaniques. Pour ajuster au mieux l’évolution des remontées mécaniques à Tignes, la concertation prendra en compte l’évolution du tourisme, des pratiques et de la saisonnalité, mais également le développement durable et la protection de l’environnement.

Sur le plan immobilier, de nouvelles règles sont déjà en place pour limiter l’expansion immobilière : « Nous poussons de plus en plus à la rénovation énergétique, et non pas à la démolition-reconstruction. Nous avons rigidifié les règles du Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui ne permet plus aux promoteurs de construire plus grand en cas de démolition. », explique Hubert Didierlaurent.


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