Devant l’ancien lycée de Michel Barnier, une manifestation pour dénoncer le manque répété de professeurs

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Temps de lecture : 2 minutesLycéens et parents d’élèves du lycée Jean Moulin d’Albertville ont manifesté hier soir devant l’établissement pour dénoncer le manque répété de professeurs au sein du lycée, entraînant une « rupture d’égalité des chances » et des inquiétudes pour l’avenir des élèves.

« On n’a eu aucun cours de maths depuis deux semaines », constate amèrement Isaac, délégué de sa classe de Seconde au lycée Jean Moulin d’Albertville. À la rentrée 2024, l’établissement accusait le manque de deux professeurs de mathématiques. Si depuis la situation était stabilisée grâce à des recrutements, elle est de nouveau précaire après un nouveau départ il y a deux semaines. « Le professeur contractuel qui a démissionné avait les connaissances, mais pas le bagage pédagogique pour nous les transmettre », tempère Isaac.

Alors, pour alerter publiquement sur la situation, un collectif d’une trentaine d’élèves et de parents d’élèves inquiets a organisé une manifestation devant l’établissement. Convocation de la presse, banderoles sur la grille et le tout surveillé par trois agents de police.

« Pour le Bac, M. Coux, directeur académique de la Savoie, m’a dit qu’il y aurait une mention spéciale pour le jury, mais à l’avenir on ne sait pas. Un élève de terminal qui aurait besoin de pouvoir justifier de son niveau de maths n’aura peut-être pas eu de cours de maths de l’année », alerte Rachel Rechon Reguet, présidente de l’APEP du bassin albertvillois.

Pour pallier ce manque de professeurs, le lycée a obtenu le soutien d’une brigade d’enseignement à distance, effectif à partir d’aujourd’hui. « Cette brigade est réservée à l’origine aux classes à examens », précise Rachel Rechon Reguet. Et pour Aymeric Lecot, parent d’élève, la réponse à cette demande s’est faite attendre : « il s’est passé dix jours sans nouvelle, malgré les relances. On sait maintenant que la brigade n’avait pas été informée par le rectorat de la demande du lycée Jean Moulin. Et 24 heures après notre mail au rectorat pour lui annoncer la manifestation d’hier, comme par hasard, la brigade avait pour mission de contacter la directrice du lycée pour mettre en place le dispositif ».

« Il y a une rupture d’égalité aujourd’hui, clairement », analyse Rachel Rechon Reguet. Et de poursuivre : « Aujourd’hui au lycée, on ne va pas se mentir, les familles qui ont les moyens paient des cours particuliers à leurs enfants parce qu’ils peuvent le faire. Mais il y a des familles qui ne le peuvent pas ».

Selon Aymeric Lecot, « on a clairement une défaillance de l’État qui n’est pas capable de recruter, de former et de payer des professionnels de l’enseignement. Et aujourd’hui, tout le monde le paie. »

L’année prochaine ça va nous arriver comme une claque dans la gueule, et ça va faire mal.

De son côté, Isaac redoute l’épreuve anticipée de mathématiques, annoncée en novembre par la ministre de l’Éducation nationale Anne Genetet. Sa génération sera la première concernée par cette mesure : « C’est compliqué pour nous. C’est un gros stress. L’année prochaine ça va nous arriver comme une claque dans la gueule, et ça va faire mal. […] On dit que le niveau scolaire baisse en France, mais la qualité de l’enseignement baisse également. »

Contacté, le rectorat de l’académie de Grenoble n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.


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