La convocation inutile d’un militant anti lyon-Turin devant le tribunal correctionnel d’Albertville

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Vendredi 30 août 2024, un opposant de 51 ans au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Albertville (Savoie) pour des faits remontant à septembre 2022. Le parquet reproche au manifestant d’avoir légèrement dégradé un camion de chantier montant sur la cabine, en entravant la circulation sur la voie publique par la même occasion.

Mais le tribunal correctionnel a invité le parquet « à mieux se pourvoir », constatant que les faits poursuivis relève du tribunal de police.

À la sortie de la salle d’audience, le principal intéressé, vêtu d’un tee-shirt jaune avec l’inscription « Désobéir », a déclaré qu’il restait à prouver que c’est bien lui qui a dégradé le camion, alors même que les forces de l’ordre sont aussi montées dessus pour le déloger.

Mais alors pourquoi cette convocation, perte d’argent public et de temps pour une justice débordée, alors que la défense comme la juge savaient très bien que ce rendez-vous ne servirait à rien ?

Devant le tribunal, une trentaine d’opposants au projet étaient venus soutenir leur « camarade » : les collectifs Stop au Lyon-Turin et Vivre et agir en Maurienne, mais également plusieurs personnalités politiques, comme Claudie Ternoy-Leger, conseillère régionale Les Écologistes, et Jean-François Coulomme, député LFI-NFP de la 4e circonscription de la Savoie. Selon ce dernier, il s’agit « d’une erreur d’aiguillage entre le tribunal judiciaire et le tribunal de police » qu’il impute à une justice « qui va très mal en termes de moyens. Puisque vraisemblablement il y a dû y avoir un mauvais traitement dès l’arrivée du dossier entre les mains de la justice. Je pense qu’aujourd’hui le corps des greffier est en grande souffrance et je tiens à leur apporter tout mon soutien […] Il y a de moins en moins de personnel avec de plus en plus de travail. Les conditions de recrutement sont dissuasives et il y a une perte de vocation de ce merveilleux métier, et vous voyez à quoi cela abouti. […] Aujourd’hui, même les lois qui protègent les citoyennes, les citoyens et les activistes de l’environnement, la justice n’a même pas les moyens de les faire appliquer« .

Sur le fond du dossier, le député a déclaré qu’ « au delà des chefs d’accusation qui sont d’une futilité terrible, il s’agit ici de dissuader les défenseurs de l’environnement d’exercer leur militantisme et d’alerter la population sur ce qui est en train de se passer avec ce projet du Lyon-Turin ».

Dans un communiqué de presse, les Collectifs Contre le Lyon-Turin (CCLT) dénoncent « au mieux l’approximation de la justice, au pire une volonté d’acharnement contre un militant, puisqu’il a été convoqué malgré l’incompétence manifeste du tribunal. »

Le manifestant ne sait pas à l’heure actuelle si les poursuites sont maintenues contre lui et s’il sera convoqué à une date ultérieure devant le tribunal de police.


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