Le vélo, un moyen d’émancipation pour les demandeuses d’asile

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Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant : avant de pouvoir se déplacer à vélo, il faut savoir en faire. Et ce n’est pas le cas de tout le monde. Arlysère, via l’agence Écomobilité, propose des cours de vélo pour les personnes qui souhaitent apprendre à en faire, et savoir circuler en toute sécurité sur la voie publique. Celui qui s’en charge, c’est Nicolas Dugardin, 38 ans et moniteur de vélo depuis dix ans, dont deux à Albertville.

Nicolas Dugardin, moniteur de vélo. © Calvin Leclere / Spotlighted

L’inscription est gratuite et les participants, 30 à 40 par an, s’inscrivent et arrêtent quand ils veulent. « Le nombre de séances n’est pas limité, cela dépend du niveau sportif des gens, de la connaissance de leur corps, leur appréhension et l’assiduité qu’ils mettent dans ces cours. Une personne motivée qui va beaucoup pratiquer va apprendre plus vite que quelqu’un de moins sportif qui va faire trois essais, se décourager et qu’il faudra remotiver pour refaire trois essais difficilement. », explique Nicolas Dugardin.​​ « Par expérience, c’est plus compliqué d’apprendre le vélo à l’âge adulte, mais cela reste très variable d’une personne à une autre. »

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Aujourd’hui, sur le terrain entre le collège et le gymnase de la Combe de Savoie, ses élèves sont de jeunes femmes issues du centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Ces cours sont ouverts à toutes et tous. Nicolas accueille également des habitants de l’agglomération qui souhaitent se remettre en selle, ou des personnes en situation de handicap. « Certains vont faire un ou deux cours, parce qu’ils ont juste besoin de se remettre un peu en confiance », précise le moniteur. Mais « souvent les personnes qui n’ont pas appris à faire du vélo viennent de l’étranger, et sont souvent des femmes. […] Parfois il y a une certaine réticence à apprendre avec un homme, notamment pour le public feminin d’origine étrangère, mais ça finit par se débloquer par le bouche-à-oreille ».

Mondialement, il semblerait que l’on donne plus facilement un vélo à un garçon qu’à une petite fille.

95 % des élèves de Nicolas sont des femmes. « il y a très peu d’hommes, sauf parmi le public handicapé. Il y a une grosse partie culturelle. Beaucoup savent déjà faire du vélo. Mondialement, il semblerait que l’on donne plus facilement un vélo à un garçon qu’à une petite fille. Joue aussi le côté téméraire de certains qui préfèrent se débrouiller et apprendre tout seuls. », analyse Nicolas Dugardin.

On peut apprendre avec quelques démonstrations et quelques mots assez simples

Concernant la barrière de la langue qui peut exister avec certains participants, ce n’est pas un problème pour Nicolas. « C’est du public qui parle un peu près français. Parfois ils s’expriment moins ou répondent de manière plus succincte, mais comme avec un enfant, on peut apprendre avec quelques démonstrations et quelques mots assez simples. Sinon je peux passer par l’anglais, mais c’est rare. »

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Kadi a 25 ans et vit au CADA. Elle vient de Côte d’Ivoire et est arrivée à Albertville il y a un an. Elle ne savait pas du tout faire du vélo, et n’avait même jamais essayé avant de commencer les cours de vélo de Nicolas il y a un mois. Aujourd’hui, c’est sa quatrième séance, et c’est la plus avancée du groupe. Elle enchaîne les tours de terrain entre le collège et le gymnase de la Combe de Savoie, sous le regard de son jeune enfant qui la regarde, amusé, depuis sa poussette. « Ça me plaît d’apprendre le vélo. Tu fais du sport sans rester à la maison. Et s’il n’y a pas de bus, je pourrai prendre le vélo », s’enthousiasme-t-elle. Après la maîtrise technique du vélo, la prochaine étape pour Kadi sera d’apprendre à circuler sur la voie publique, pour gagner encore un peu plus en autonomie et donc, en liberté.

Kadi a 25 ans et vit au CADA. Elle vient de Côte d’Ivoire et est arrivée à Albertville il y a un an. Elle ne savait pas du tout faire du vélo, et n’avait même jamais essayé avant de commencer les cours de vélo de Nicolas il y a un mois. Aujourd’hui, c’est sa quatrième séance, et c’est la plus avancée du groupe. Elle enchaîne les tours de terrain entre le collège et le gymnase de la Combe de Savoie, sous le regard de son jeune enfant qui la regarde, amusé, depuis sa poussette. « Ça me plaît d’apprendre le vélo. Tu fais du sport sans rester à la maison. Et s’il n’y a pas de bus, je pourrai prendre le vélo », s’enthousiasme-t-elle. Après la maîtrise technique du vélo, la prochaine étape pour Kadi sera d’apprendre à circuler sur la voie publique, pour gagner encore un peu plus en autonomie et donc, en liberté. 


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