« 800 €, c’est le prix, l’hiver, d’une nuit sèche, sans repas, dans n’importe quel hôtel de Courchevel. À Lionel Terray, c’est le prix de la pension complète pendant une semaine pour une personne, hors activité », compare Nicolas Riboulet, délégué du pôle accueil et tourisme social à la FOL 73.
FOL 73, qui fêtera ses 100 ans en 2026, est la composante départementale de la Ligue de l’enseignement, association d’éducation populaire, qui date elle de 1866. Elle s’autofinance à 85 % et bénéficie de 15 % de financements publics, et il n’y a pas de conditions de revenus pour adhérer et pouvoir s’inscrire aux séjours.
« Le tourisme social ne veut pas dire le tourisme pour les pauvres, mais un tourisme qui permet à des familles d’envoyer leurs enfants dans des endroits où elles ne pourraient pas si nous n’existions pas », explique Nicolas Riboulet. « Un enfant sur 10 ne part pas en vacances tout comme 3 familles sur 5 », poursuit-il.
une fabrique du citoyen
L’été, le chalet se transforme en colonie de vacances pour les enfants, une « fabrique du citoyen » pour Nicolas Riboulet. La semaine en pension complète avec les activités, l’encadrement et le transport coûte en moyenne 550 €.
Des séjours Yamakasi ou e-sports
Parmi les séjours proposés, il y a un séjour Yamakasi, dédié à l’art du déplacement, ou encore le séjour e-sports. Le principe, 24 jeunes divisés en deux groupes, qui alternent entre une demie-journée de jeux vidéo et une demi-journée d’activités extérieures, pour finir la semaine par une journée en commun pour organiser un grand tournoi de e-sports.
Les jeunes se voient fournir un « livret du joueur », un support qui va les accompagner toute la semaine. « On va y trouver plusieurs choses. On va y parler hygiène de vie et condition physique. Être « »gamer » » ce n’est juste être derrière ton PC et boire du Coca. Tu es un athlète, il faut que tu dormes, il faut que tu bouges et que tu fasses du sport. Comme ça, les parents en rentrant peuvent voir que le jeune n’a pas fait que jouer aux jeux vidéo. », explique Nicolas Charlier, responsable de la conception et de la commercialisation des séjours.

Je préfère être dehors avec les potes plutôt que de faire de l’e-sports
Bastien réalise ici son deuxième séjour e-sports à Lionel Terray. Nous l’interrompons entre deux parties de Valorant. L’année dernière, il voulait faire sa première colonie, et il avait justement choisi le séjour e-sports car il avait « un peu peur de faire des trucs en équipe […] Mais au final j’ai bien aimé, alors j’ai recommencé cette année. », se réjouit-il. « J’aime bien parce qu’on ne fait pas que jouer aux jeux vidéos, on fait autant de sport. Par exemple, on va à l’accrobranche ou à la piscine. Je préfère être dehors avec les potes plutôt que de faire de l’e-sports », poursuit-il en démontant au passage certains clichés qui persistent sur les jeunes et les jeux vidéos.
